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jeudi 29 février 2024

Bassin ferrifère de Normandie

 

Le bassin ferrifère de Normandie

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La Basse-Normandie n'est pas une région particulièrement réputée pour son passé industriel, et pourtant elle connut une activité sidérurgique, construite autour de ses mines de fer. Bien que de moindre importance que le bassin ferrifère lorrain, de nombreuses mines furent exploitées entre les départements du Calvados et de l'Orne jusqu'en 1989. Je vous invite à une découverte de ce patrimoine minier sur les principaux sites d'extraction localisés autour de Saint-Germain-le-Vasson, May-sur-Orne et Saint-Rémy-sur-Orne dans le Calvados ainsi que Saint-Clair-de-Halouze et la Ferrière-aux-Etangs dans l'Orne. Un coup de coeur pour le carreau du puits 1bis de la mine de Saint-Clair-de-Halouze qui a été conservé complet autour de son chevalement. Ce site fait actuellement l'objet d'un projet de valorisation. Même dans le grand bassin lorrain on ne retrouve pas un aussi beau témoin de ce passé industriel... Bravo !

La mine de Saint-Clair-de-Halouze

Dès l'Antiquité et jusqu'au 19è siècle on extrayait le minerai de fer à ciel ouvert (minières) et l'on élaborait le métal dans des ateliers regroupant fourneaux et forges. La mine de fer de Saint-Clair-de-Halouze fut exploitée en souterrain à partir de 1905 par la Société des Aciéries de France, puis après 1929 par la Société Châtillon-Commentry. Elle resta en activité jusqu'en 1978. Le puits 1bis, profond de 375 mètres, fut foncé à partir de 1931 mais la guerre de 1939-45 stoppa les travaux qui ne reprirent qui ne s'achevèrent qu'en 1949. C'est à cette date que l'on installa le chevalement au-dessus du puits, pris en dommage de guerre à l'Allemagne. Grâce à la modernisation de la mine et au nouveau puits, la production de minerai de fer passa de 170 000 tonnes durant l'entre-deux-guerres à 400 000 tonnes dans les années 60 et 500 000 tonnes à la veille de la fermeture de la mine. Le chevalement de Saint-Clair-de-Halouze est le dernier encore debout en Normandie pour témoigner de l'importance qu'avait l'industrie minière dans la région. Il se dresse au milieu du carreau qui a conservé la plupart de ses installations (chevalement, recette, concasseur/cribleur, salle des machines, lampisterie/vestiaires/douches, accumulateurs).
A proximité de la mine, se trouve les fours de la Bocagerie qui étaient utilisés pour calciner le minerai extrait de 1905 à 1978. Les premiers fours étaient en pierre et formaient une batterie de 6 fours qui fonctionnèrent dès le début de l'exploitation et jusqu'à la veille de la Première Guerre Mondiale. Dans les années 20, de nouveaux fours plus grands et plus modernes furent construits. Ils étaient dotés d'un cuvelage métallique recouvert à l'intérieur de briques réfractaires. Au nombre de 6, puis 9 dans les années 50 et finalement 11, ils fonctionnèrent jusqu'à la fermeture de la mine. La calcination visait à préparer le minerai pour son expédition par voie ferroviaire vers l'usine sidérurgique d'Isbergues dans le Nord de la France où il était transformés en fonte ou en acier. La calcination permettait de convertir le carbonate de fer en oxyde et d'éliminer une partie du soufre, de l'eau et des autres composés non ferreux contenu dans le minerai. On élevait ainsi sa teneur en fer qui passait de 40% à 50%. Il perdait aussi 20% de son poids ce qui permettait de réduire le coût de son transport. Il reste aujourd'hui la structure d'acier et de béton qui soutenait ces fours métalliques.
Source :Association Le Savoir & le Fer


La mine de la Ferrière-aux-Etangs

Accordée à la Société Denain-Anzin le 14 avril 1901, la concession minière de la Ferrière couvrait alors 1605 hectares. Elle passa à 2407 hectares en 1947 et s'accrut la même année de la concession de Mont-en-Gerôme (1490 ha). L'exploitation commença par deux galeries qui étaient reliées au jour par un travers-banc de 600 mètres. Puis on fora les puits n°1 et 2 pour exploiter le minerai en profondeur. C'est en 1933 que commença le fonçage du puits central Léopold Pralon. Il fut inauguré en 1938 et mis en service après la Seconde Guerre Mondiale. Le puits Pralon assurait la remontée de 2 500 tonnes de minerai par jour en 1960. Le minerai était exploité par la méthode des tailles chassantes avec piliers abandonnés. Sorti du puits, il était acheminé vers le bâtiment de criblage. Nettoyé par vibration et trié par grosseur, il partait ensuite vers les fours de calcination par bande transporteuse. Sur le carreau de la mine se trouvait aussi les ateliers, la centrale électrique, la salle des machines, le château d'eau et le vestiaire-douches des mineurs. Après la fermeture de la mine (1er avril 1970) le chevalement du puits fut démonté et le terrain vendu à une fabrique de tournage sur bois, dont je remercie le responsable pour l'autorisation de prendre des photos.
Construits en 1901, les fours de la Butte Rouge (sur Dompierre) furent les premiers fours de calcination de l'Ouest de la France. La calcination du minerai a pour but d'élever la teneur en fer de celui-ci (de 37% à 46%). Il y avait sur le site 3, puis 6 et enfin 8 fours où le minerai mélangé à du charbon était 'grillé' durant une trentaine d'heures. Le 19 avril 1903, une première rame de minerai calciné de 200 tonnes partit vers les hauts-fourneaux de Denain-Anzin dans le Nord de la France. Les fours de la Butte Rouge fonctionnèrent jusqu'à la construction des fours neufs de la Haie.
Les nouveaux fours de la Haie furent construits à partir de 1938. Il y avait au total 8 fours de calcination (6 de section ronde et 2 de section carrée) ; 7 d'entre eux fonctionnaient en continu. Un four contenait 600 tonnes de minerai cru et on obtenait 480 tonnes de minerai calciné. La production de ces fours était de 45 000 tonnes par mois avec une quarantaine d'ouvriers. Des wagons de 45 à 60 tonnes étaient chargés à la base des fours et partaient par voie ferrée vers les hauts-fourneaux de Denain-Anzin Usinor et la Belgique. Après la fermeture de la mine en 1970, les cuves des fours furent démontées et vendues. On ne voit plus aujourd'hui que la carcasse de soutien en béton armé.
Source : Association Le Savoir & le Fer


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