Les ardoisières de Noyant-la-Gravoyère et Combrée - Maine-et-Loire
Ardoisière de Misengrain - Noyant-la Gravoyère
L'existence de l'ardoisière de Misengrain est attestée dès le XVIIe siècle, mais elle ne prit de l'importance qu'après la fondation d'une société, en 1833. Elle appartient ensuite à une société anglaise puis à la Société de l'Ouest rachetée en 1894 par la «Société Ardoisière de l'Anjou». Jusqu'à 800 ouvriers ont travaillé sur le site. L'exploitation se poursuivit jusqu'au 30 juin 1986, date du dépôt de bilan de la société. L'ardoisière fut alors rachetée par les «Ardoisières d'Angers» et remise en service en 1987. Elle ferma définitivement douze ans plus tard.
Aujourd'hui le site est réutilisé par une entreprise de démolition ce qui a permis la préservation de nombreux bâtiments liés à l'exploitation de l'ardoise. Le puits 7, qui a servi de puits d'extraction jusqu'à la fermeture, conserve son chevalement métallique ainsi que le bâtiment abritant une machine d'extraction électrique de 1934 (en bon état). A proximité se trouvent les ateliers de débitage des blocs d'ardoise ainsi que les ateliers pour la fente. Il ne reste que peu de matériel dans ces bâtiments, puisqu'ils vont faire l'objet d'un nouvel usage. A l'autre bout du site, le petit chevalement métallique du puits 6 est toujours visible. Il servait de puits de secours et d'aérage. La cité ouvrière de Misengrain est érigée dès les années 1880 par la Société des Ardoisières de l'Anjou. Une partie de la cité a été réhabilitée et reconvertie en hôtel-relais.
Source :Notice n°IA49002225de la base Mérimée
Je remercie la sociétéOccamat pour avoir autorisé la réalisation de ce petit reportage et pris le temps de me guider sur le site.
Ardoisières de Bel-Air et de la Forêt - Combrée
L'activité ardoisière à Combrée commence dès les années 1840, où plusieurs carrières à ciel ouvert sont exploitées. En 1876, la «Société des Ardoisières de la Forêt» reprend ces exploitations. En 1896, la Commission des Ardoisières d'Angers s'implante à Bel-Air afin de concurrencer directement la Société Ardoisière de l'Anjou, propriétaire de Misengrain ; elle rachète le tout en 1908 après la faillite des Ardoisières de La Forêt. Le puits n°1 est foncé à 195 mètres de profondeur à partir de 1896 ; le puits n°2 est foncé à 160 mètres en 1906. A cette date, on construit une cité ouvrière comprenant des logements, une église et une école. En 1942, un troisième puits est ouvert et fera 106 mètres de profondeur. Les puits 4, 5 et 6 seront par la suite foncés avant la cessation d'activité en 1982.
Outre l'importante cité ouvrière, il subsiste de ces exploitations quelques bâtiments plus ou moins délabrés, ainsi qu'un petit chevalement métallique perdu dans la nature.
Source :Notice n°IA49002032de la base Mérimée
Les ardoisières de Renazé - Mayenne
La commune de Renazé, située au sud du département de la Mayenne, a fait l'objet d'une intense exploitation de schistes ardoisiers, et ceci depuis au moins le XVIe siècle. Cette exploitation, initialement conduite à ciel ouvert, s'est poursuivie à la fin du XIVe siècle en carrières souterraines, par puits et chambres. Le puits le plus profond descendait à 305 mètres sous la surface. L'arrêt de la dernière exploitation date de 1976. La principale société ayant exploité le gisement de Renazé est la Société des Ardoisières de l'Anjou, qui s'était constituée en 1894 et avait acquis en 1895 l'Ardoisière de l'Aubinière et en 1896 les Ardoisières de la Touche et du Fresne. La société a poursuivi ses activité jusque fin décembre 1975, l'exhaure a été stoppé fin mars 1976. Le site de Renazé a été pendant longtemps le second producteur d'ardoises de l'Ouest (après celui de Trélazé), avec jusqu'à 100 millions d'ardoises produites annuellement. Les effectifs ont atteint 569 personnes en 1914.
Plusieurs quartiers ont été exploités à Renazé : Longchamps, Laubinière, Saint-Aignan, la Touche,... Il ne reste plus aucun vestiges visibles du quartier de la Touche.
Je remercie Lilian L., président de l'Association des Perreyeurs Mayennais pour son accueil lors de mon passage à Renazé.
Source : rapport BRGM
Quartier de Longchamps
L'exploitation de l'ardoise dans le quartier de Longchamps débuta à ciel ouvert (jusqu'à 40 à 60 mètres de profondeur, et même 110 mètres dans la partie est). L'exploitation en souterrain s'est faite en trois étapes. Un premier puits dont l'emplacement n'est pas connu, a permis d'exploiter l'ardoise entre les niveaux -59 et -81 mètres. Un second puits (Longchamps n°2) a ensuite été foncé à une profondeur de 180 mètres et a permis d'exploiter une quinzaine de chambres. En 1939, un troisième puits (Longchamps n°3) est foncé à 305 mètres de profondeur. Il est équipé en 1941 d'un chevalement métallique et mis en service début 1943. L'exploitation depuis le puits Longchamps 3 s'arrêta définitivement en 1969. Le chevalement (dont la partie supérieure a été déposée pour des raisons de sécurité) et la machine d'extraction sont toujours visibles et mis en valeur dans le cadre du musée de l'Ardoise.
Quartier de Laubinière
C'est probablement dans le secteur de Laubinière (ou l'Aubinière) qu'ont débuté les plus anciennes exploitations à ciel ouvert. Une seconde vague d'exploitation, qui serait poursuivie jusqu'en 1933, s'est faite par puits et galeries. Enfin, une troisième phase d'exploitation a débuté en 1944 avec le dénoyage des travaux souterrains. A partir de 1946, le puits dit de Laubinière est remis en service. Dès 1950, l'ensemble des quartiers est en communication, et le puits de Laubinière est utilisé comme puits de secours. Laubinière a été le dernier quartier exploité sur la commune de Renazé, jusqu'en décembre 1975. Le petit chevalement métallique est toujours visible actuellement, ainsi que le bâtiment du treuil.
Quartier de Saint-Aignan
Le quartier de Saint-Aignan comprenait 2 puits. Le premier (puits n°1), situé plus à l'ouest, a été foncé entre 1920 et 1922, à une profondeur de 213 mètres. Il était équipé d'un chevalement en bois aujourd'hui disparu. Le second (puits n°2) a été foncé à partir de 1922 et mis en service en 1925. Il était équipé d'un chevalement métallique encore visible de nos jours au milieu du carreau, propriété d'une entreprise locale. L'exploitation dans ce quartier s'est arrêtée au puits n°2 en 1959.
Les ardoisières de Maël-Carhaix - Côtes-d'Armor
Vers 1890, Pierre Lucas ouvre l'ardoisière de Moulin-Lande, au lieu-dit du même nom, sur la commune de Maël-Carhaix au cœur de la Bretagne. Une trentaine d'ouvrier est employée dans cette carrière souterraine. La production est relancée après la première Guerre Mondiale : de nouvelles chambres sont ouvertes et de nouvelles embauches sont faites. Dans les années 1930, le puits de la Prairie est foncé ; on y exploite quatre chambres de grandes dimensions. Ce puits atteindra 180 mètres de profondeur. Le puits de l'ardoisière voisine de Kergonan est relié par des galeries souterraines aux deux puits de l'ardoisière de Moulin-Lande (puits du Milieu et puits de la Prairie).
En 1974, l'ardoisière de Moulin-Lande devient une SARL, sous la direction d'Yvon Barazer. Il est l'actuel propriétaire du site. L'ardoisière ferme en 1984 et ouvre de nouveau en 1988. Elle est définitivement fermée en 2000 par la DRIRE pour non respect des arrêtés de mise en conformité de l'exploitation, aux prescriptions de sécurité et d'environnement. De nos jours, M. Barazer exploite les déchets ardoisiers présents sur le site pour en faire du paillage.
L'ardoisière exploitait une veine de schiste ardoisier du carbonifère de 11 mètres de puissance. Les ardoises produites étaient d'excellente qualité, sans pyrite, et très appréciées, en particulier, pour la restauration des monuments historiques (Parlement de Bretagne, Palais de Chaillot, château de Vincennes, chapelle de Saint-Louis des Invalides, cathédrale du Mans,...). Maël-Carhaix disposait alors de la plus importante manufacture d'ardoise de Bretagne.
Sources : BRGM etInventaire du patrimoine région Bretagne
Lors de mon passage en 2010, l'ensemble des installations étaient encore en place sur les carreaux du puits du Milieu et du puits de la Prairie (chevalements, ateliers, treuils d'extraction...). L'ardoisière de Kergonan, aujourd'hui située sur la même parcelle que l'ardoisière de Moulin-Lande, est complètement recouverte par la végétation. Un petit chevalement et divers bâtiments sont encore visibles (non photographiés).

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