Les Molettes Autrefois, elles chantaient, là-haut sur le ciel gris, Les molettes tournaient sans fin, battant le cœur du pays. Sous la sueur et la poussière, les hommes donnaient leur vie, Chaque tour de ces roues sonnait comme une mélodie.
Baptiste, le vieux mineur, s’assoit devant son passé, Il revoit les flammes noires, les rires au fond des fossés. Il dit : « C’était le bon temps, même au prix des douleurs, Car au souffle des molettes vibrait aussi le bonheur. »
Aujourd’hui, elles se figent, statues de fer endormies, Le vent passe entre leurs bras, mais plus rien ne bruit. Pourtant, dans nos mémoires, elles roulent encore, Elles portent nos combats, nos misères et nos efforts.
Elles ont vu des hommes tomber, des familles pleurer, Des femmes lever les yeux, priant sans s’arrêter. Elles ont vu des enfants courir près des corons, Grandir trop vite et descendre chercher du charbon.
Chaque grincement de fer disait : « Tiens bon, camarade ! » Chaque étincelle au front brillait comme une parade. Elles donnaient du courage, elles portaient la douleur, Elles faisaient tourner le monde au rythme des mineurs.
Car tant qu’il restera des hommes, des enfants du charbon, Leur souvenir tournera, au-delà des saisons. Et si un jour renaissait la flamme dans la fosse, On verrait à nouveau danser, là-haut, les molettes, toutes proches.
Elles sont l’âme du pays, elles sont l’écho d’hier, Un chant de résistance qui traverse les airs. Même figées dans le ciel, elles veillent sur nos toits, Les molettes du passé battent toujours avec nous, tout droit.
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