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dimanche 4 février 2024

Houillères du bassin du Nord et du Pas-de-Calais

 

Récession charbonnière programmée

En 1960, le plan Jeanneney (du nom du sénateur Jean-Marcel Jeanneney instaure un début de politique de récession charbonnière, qui causera la longue grève des mineurs de 1963.

En 1964, à la télévision (ORTF) Paul Gardent (alors directeur général des Houillères) estime que « l'évolution de la production du Bassin est limitée par l'appauvrissement du gisement. Celui-ci est inégalement réparti et en déclin rapide dans l'ouest. C'est un problème à long terme et il faut approfondir des possibilités de développement des autres industries »14. Selon lui ce déclin charbonnier est exclusivement causé par des « données naturelles, c'est-à-dire [à] l'appauvrissement progressif du gisement »14

En 1976, à la demande de l'État, les HBNPC planifient l'après-charbon et encouragent les mineurs à changer de métier15. Le Pierre Delmon, alors président des HBNPC (et qui sera aussi président du CESR et membre du Conseil économique et social) annonce sur France Inter que « Dans les conditions actuelles, l'arrêt de l'extraction dans le Bassin Minier Nord- Pas-de-Cala1s est prévu pour les années 1985 ». Le Gouvernement confie alors aux Houillères une nouvelle mission : "organiser la récession de la production charbonnière" et donc préparer l'après-mine.

Alors que la production charbonnière du Nord de la France devient de moins en moins rentable (Selon les archives de Charbonnages de France, le rendement moyen par poste et par jour est dans le Nord-Pas-de-Calais en 1959 de 1,5 t de charbon/jour à comparer aux 2,4 t/jour en Lorraine où les veines de charbon sont plus épaisses et larges14), les houillères cherchent constamment à réduire leur déficit, notamment en cédant à la collectivité une part croissante du patrimoine et des charges non-productives dont elles ont hérité durant les trente-glorieuses. C'est le cas de leur important patrimoine ferroviaire (cavaliers miniers) et routier (voiries et réseaux associées) qui commençait à se dégrader notamment en raison des affaissements miniers. À partir des années 1970, elles le transfèrent aux collectivités16. Elles cèdent leurs écoles techniques aux collectivités et leurs êglises aux associations diocésaines. Elles cèdent aussi leurs équipements sportifs aux collectivités locales ainsi que certains services que les houillères assuraient antérieurement (service de l'eau, des égouts, de l'éclairage, du ramassage des ordures ménagères en particulier)16. Les houillères possédaient aussi un important patrimoine de centrales thermiques produisent de l'électricité (milliers de Mégawatts). Ces centrales au charbon étaient très polluantes ; certains comme celle de Thiers étaient conçues pour brûler le très mauvais charbon invendable, produisant plus de 60 % de cendres, stockées en énorme crassiers). Les HBNPC ont produit de moins en moins d'électricité pour leurs propres besoins (31,9 % en 1967, et seulement 12,3 % en 1976) mais en basculant une partie de la production non utilisée vers EDF (jusqu'à leur déclassement puis démantèlement entre les années 1970 et la fin du siècle). Certaines de ces centrales serviront de centrales de secours, de réserve froide (centrale pouvant être remises en route en 3 mois) en cas de pénurie d'autres sources de production, EDF offrant pour leur entretient une prime conséquente17 (la centrale d'Hornaing, plus moderne, mise en service dans les années 1970) a été conservée plus longtemps18).

Les HBNPC s'associent à Gaz de France pour créer un GIE dénommé Méthamine chargé d'extraire, traiter et vendre le gaz de mine qui va continuer à dégazer des anciennes galeries des terrains houillers de la région de Lens-Liévin19. Méthamine deviendra ensuite Gazonor lors d'un processus de privatisation. 

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